mardi 20 octobre 2009

Marius DIDIER (1873-1958), luthier à Mattaincourt : fondateur de la "saga" DIDIER.

En faisant des recherches, pour réaliser notre dictionnaire des facteurs et marchands de musique de l'est de la France, nous avons constaté, que nombreuses étaient les Maisons qui avaient une histoire, parfois de plusieurs centaines d'années et qui étaient encore en activité.
Donc nous avons commencé nos visites, pour rencontrer les descendants des familles ou leurs successeurs pour qu'ils nous racontent cette histoire. A travers quelques expériences, l' accueil a toujours été très favorable et plein de surprises, comme pour cette célèbre maison de Nancy, dont le directeur nous a avoué, avoir " il y a plusieurs années vidé la cave de l'établissement de tas de papiers anciens....".

Notre rencontre avec Jacques DIDIER est complètement différente et tout à fait fortuite. Elle mérite d'être racontée. Jacques, ayant pris une retraite bien méritée se passionne pour la première bataille de la guerre 1914 - 1918 : Morhange, il en est le spécialiste et a déjà publié 3 ouvrages et a écrit une dizaine d'articles sur le sujet. Pour ma part je passe mes vacances en Lorraine dans la maison de famille à coté de Morhange et là par hasard, j'ai retrouvé les mémoires d'un médecin militaire qui avait participé à cette bataille sanglante de trois jours. Comme j'avais lu tous les ouvrages sur ce sujet, j'ai essayé de prendre contact, avec le spécialiste de cette bataille, sans penser un instant aux luthiers de Metz....et puis le hasard a fait le reste.

Donc merci à toutes ces personnes qui nous aident a écrire ce dictionnaire. Place à l'histoire de la lutherie messine.

Marius DIDIER est né à Mattaincourt le 20 avril 1873. Il entre en apprentissage chez Jérôme Thibouville Lamy à Mirecourt à 13 ans. En 1901 il épouse Marie Marthe Bourguignon ; ils auront deux enfants : Madeleine et Paul.

(Document Jacques DIDIER)

Après avoir participé à la grande guerre de 1914 à 1918, il rejoint l'entreprise Thibouville où il participe à la réorganisation d'après guerre et exerce sa profession de maître luthier, au coté de Camille Poirson et Marcel Voiry. Alfred Acoulon, directeur général lui confie le poste de responsable de l'atelier de lutherie de Mirecourt et fait de lui un de ses proches collaborateurs.

(Document Jacques DIDIER)

En 1925, à l'âge de 52 ans, il décide de s'installer dans son atelier de Mattaincourt pour exercer la lutherie à son compte en compagnie de son fils Paul.

(Document Jacques DIDIER)

Il accueille dans son atelier des stagiaires qui deviendront des luthiers prestigieux (Jean Bauer, Marcel Simon etc...).

Son fils Paul décide de s'installer à Metz. L'atelier de Marius DIDIER continue son activité, malgré la crise des années 30 et la guerre 39-45. A la libération âgé de 72 ans, il continue d'assurer une production qu'il réserve à son fils. Il décède en novembre 1958.

samedi 17 octobre 2009

Paul DIDIER (1908-2002) luthier, de Mirecourt à Metz. (suite 1)

Nous continuons la saga de la famille DIDIER de Metz, luthiers et marchands de musique de père en fils. (Merci à Jacques DIDIER pour ses écrits et ses documents).

(Document Jacques Didier)

Paul DIDIER est né le 15 janvier 1908 à Mattaincourt (Vosges). Il effectue son apprentissage à partir de 1921 chez Thibouville, auprès de son père qui était à cette époque responsable de la fabrication. En 1925 il fait un stage chez Ouchard, et ensuite travaille dans l'atelier de son père à Mattaincourt jusqu'en 1928 date à partir de laquelle il effectue son service militaire jusqu'en 1929. Il retrouve ensuite l'atelier de son père.

Il se marie en 1933 et décide en 1936 et en accord avec son père de reprendre l'atelier et le magasin : "Lutherie d' Art" du 6 rue du Faisan à Metz, créé par Auguste Mouchot, qui venait de décéder en se noyant accidentellement dans la Moselle ; la famille était désemparée, la veuve avait un fils d'un an et ne pouvait s'occuper de ce commerce.

A la déclaration de guerre Paul Didier est mobilisé et son épouse qui vient de donner naissance à un fils ne peut tenir seul le magasin qui est alors fermé. Paul est fait prisonnier le 17 juin 1940 à Pontarlier. Il ne rentrera à Metz qu'en août 1945.

(Document Jacques Didier)

En 1941, Metz est occupé par les allemands qui font venir un luthier autrichien, Franz Nosek et auquel le commissaire de la ville propose d'occuper le magasin de la rue du Faisan. Après 3 années à Metz, celui-ci disparaît en 1944, il est remplacé par Zophel Richard né à Markneukirchen.

(Document Jacques Didier)

En août 1945 à son retour de captivité, Paul Didier retrouve son magasin et l'appartement dans un triste état, tout a disparu, seul une partie de l'outillage lui dera rendu. Il se remet au travail, notamment en travaillant pour l'orchestre de Radio Luxembourg et en cogérant l'atelier de son oncle Maurice Bourguignon (1885-1978) à Bruxelles.

(Document Jacques Didier)

Mais la lutherie ne suffit plus à faire vivre une famille, c'est pourquoi il étend son activité aux disques et oriente la formation de son fils Jacques vers les cuivres et instruments à vent. Celui-ci le rejoindra en 1962.

Paul DIDIER est décédé à 94 ans en 2002.


Jacques DIDIER et Bertrand DIDIER luthier à Metz. (suite 2)

Jacques DIDIER est né à Metz en 1939. Il apprend la clarinette au conservatoire de Metz et après plusieurs années de formation dans différents ateliers parisiens, notamment 2 ans chez Selmer, il rejoint en 1962 le magasin familial en créant un atelier de réparations d'instruments à vent.


Jacques DIDIER avec son fils Bertrand.

En juillet 1983, la Maison DIDIER quitte la rue du Faisan, pour s'installer 25-27 rue du Palais à Metz, adresse actuelle.

Bertrand DIDIER, dirige la société messine. Après avoir acquis son diplôme de luthier dans l'atelier de Jean Jacques Pagès à Mirecourt, il part se perfectionner dans l'atelier du maître Etienne Vatelot.













C'est à lui de continuer maintenant, la tradition familiale.

http://www.lutherie-didier.fr/



Si vous voulez en savoir plus sur les luthiers de Mirecourt du XXiéme siécle, Jacques DIDIER à écrit un livre passionnant sur ce sujet.
Disponible actuellement

Je tiens également à le remercier pour sa compétence sur les luthiers et marchands lorrains et la gentillesse avec laquelle il nous aide sur le développement de notre dictionnaire. Merci également pour les documents qu'il nous a transmis.

lundi 5 octobre 2009

Musikmuseet de Stockholm en Suéde.

Connaissez vous Stockholm et son très beau musée de la musique : Musickmuseet ?

Si comme moi vous n'avez pas le temps, l'envie.....ou les moyens (Merci monsieur le Maire pour vos impôts locaux) de faire ce voyage vers la Suède, je vous conseille le site du musée :

http://www.musikmuseet.se/samlingar/inst.php?l=en&niv=3&saml_open=1&typ=1

Vous y verrez beaucoup de très beaux instruments, avec de jolies photos assez précises, Par exemple ce basson de Keller.

Cette flûte de Grenser.

Ou ce hautbois de Amlingue, avec ses bidouillages.

Et les marques sont particulièrement bien prises en photo...à l'exception de celle de Keller.
Je cherche actuellement les instruments de Keller à Strasbourg, car je voudrais faire un article sur cette famille de facteurs pour le Larigot : alors si vous avez des instruments, des photos, des infos....n'hésitez pas à me contacter.
Pour " les fanatiques de la secte des claribols"....vous avez sur le site suédois de super photos d'instruments.....dont une collection de clarinettes d'un facteur danois : Larshof de Copenhague.

vendredi 2 octobre 2009

Un peu de musique....dans ce monde de brutes..on n'est pas que des bêtes.

Non, non, vous ne vous êtes pas trompé.

Cela n'a rien à voir avec les facteurs de l'est ou d'ailleurs, mais c'est beau.

La seule rencontre officielle entre Stan Getz, et John Coltrane....qui jouent du Monk avec un Peterson qui swing comme une bête, cela vaut le détour.

Alors, dégustez.