mardi 15 décembre 2009

Auguste MOUCHOT (1909-1936) luthier à Metz.

Auguste MOUCHOT est né en 1909 à Morhange en Moselle. Il entre en apprentissage en 1922 dans l'atelier d'Amédée DIEUDONNE à Mirecourt. Après trois ans dans les Vosges il rejoint l'atelier de Charles ENEL à Paris.



En 1932, le 1er novembre exactement, il ouvre un magasin : " Lutherie d'Art" 6 rue du Faisan à Metz où aucun luthier n'était installé depuis Nicolas Simoutre (installé en 1844 et décédé en 1870).
Auguste MOUCHOT.


En 1933, pour compléter "son commerce" de musique, il décide de vendre des instruments à vent , notamment ceux de la marque Lyrist, surtout connue pour ses saxophones. Il organise pour cela une exposition dans son magasin, où il reçoit la visite du directeur général de cette marque, Mr MAHIEU, ainsi que celle de deux solistes de la Garde Républicaine de Paris : Mrs POIMBOEUF (saxophone) et DELFOSSE (trompette).

A noter qu' Hyppolyte Poimboeuf faisait parti du quatuor de saxophones de Marcel Mule.



En juin 1936, Auguste MOUCHOT décède tragiquement en se noyant dans la Moselle.

C'est Paul DIDIER (1908-2002) qui reprend son magasin et son activité :

http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2009_10_01_archive.html

Tous les documents proviennent de Jacques Didier. Ils sont publiés avec l'autorisation de Yannick Mouchot. Merci à eux.

mardi 17 novembre 2009

Brevet pour une flûte sans clé de J.D. HOLTZAPFFEL : 1807.


Dans son ouvrage intitulé : "Les Facteurs d'instruments de Musique ", Constant PIERRE, mentionne HOLTZAPFFEL et son brevet de 1807 pour une flûte sans clé.

Si nous ne connaissons pas d'instrument correspondant à ce brevet, en revanche nous avons retrouvé ce brevet.

23 janvier 1807.
Brevet de perfectionnement de cinq ans, pour une flûte traversière, au sieur Holtzapffel, facteur d'instrumens de musique, à Paris.


" Depuis longtemps on a cherché à rendre plus juste la flûte traversière, et c'est dans cette vue qu'on y a ajouté plusieurs petites clefs. Ce moyen tend non seulement à compliquer l'instrument, mais encore à le fausser ; il nuit à la vibration de toutes ses parties, et les sons obtenus par les trous fermés avec des clefs, sont souvent moins clairs, moins sonores que ceux qu'on obtient quand ces mêmes trous n'ont point été pratiqués dans l'instrument, ou lorsqu'on les a hermétiquement fermés avec de la cire. Quoiqu'on fasse, il est extrêmement difficile d'obtenir une fermeture exacte d'une clef, dont le cuir, le ressort. etc., peuvent à chaque instant se déranger. Aussi, la plupart des maîtres de musique y ont ils renoncé ".
Flûte à 1 clé et 3 corps de rechange de Holtzapffel (ebay 2004)
En fait il semble que cette " flûte sans clef" soit en réalité une flûte à une clé classique, avec des doubles trous, comme dans les flûtes à bec. Si l'on regarde la tablature, il y aurait un double trou au niveau du deuxième et troisième trou de la main gauche et un double trou au niveau du premier trou de la main droite, permettant entre autre de faire les demi tons.
" La flûte dont il est ici question n'a aucun de ces inconvéniens. Les sons en sont justes, et se soutiennent mieux que dans la flûte à petites clefs ; étant aussi plus simple que cette dernière, beaucoup de traits deviennent plus faciles.

Sa tablature est la même que l'ancienne. Voyez planche 7 : on l'a placée en travers afin de lui donner une position plus analogue à celle qu'elle prend quand on joue.

Pour parvenir promptement à se servir de cette flûte, il faut prendre successivement l'habitude de chaque ton l'un après l'autre. On commencera par le sol dièze, ou le la bémol, en fermant le trou de si bémol par le pouce de la main gauche, ou bien momentanément avec de la cire, jusqu'à ce qu'on se soit rendu très familier les traits qui y sont relatifs. Alors débouchant le trou de si bémol , on s'exercera de même sur les tons qui en dérivent ; ainsi de suite pour tous les autres.

Cette position de la flûte, bien que naturelle, et qui était autrefois enseignée par les maîtres, avant qu'on connût les petites clefs, pourra néanmoins paraître gênante aux personnes accoutumées à ces dernières ; mais avec un peu d'habitude, elles sentiront bientôt l'avantage de la nouvelle flûte sur celle à petites clefs. Ce sera surtout dans les traits de vitesse où, n'ayant plus à déplacer le doigt pour prendre la clef, cet avantage se fera le mieux sentir".

Ce brevet n'a pas eu beaucoup de succés, mais nous reviendront sur les caractéristiques des flûtes de J.D HOLTZAPFFEL dans un prochain article.

Désolé, pour la faible qualité de la tablature, pour agrandir il suffit de cliquer sur la photo.

mardi 3 novembre 2009

Les origines lorraines de la famille SELMER.

" La grande histoire de SELMER débute, dès le 18ème siècle, dans une famille de paysans lorrains animés du désir de vivre à la ville. Il y avait, à l'époque, un moyen pour cela : devenir militaire. Ainsi de génération en génération, les Selmer font leur éducation dans le même régiment". (1)

(Document Selmer de 1935 : Jacques DIDIER)

Connaissez vous Hilsprich en Moselle, berceau des ZELMER ?

Tout commence vers 1645 à Hilsprich (Lorraine) à 16 kms de Sarreguemines, avec la naissance de Jean ZELMER, dont le fils Nicolas ZELMER (1680-1743) épouse le 28 mai 1707 à Hilsprich, Anne Lahaye (1684-1752). Un de leur fils Mathias (Mathieu) ZELMER (1708-1770), restera 21 ans au régiment de Lorraine et finira ses jours à Hilsprich, invalide.

Son fils Jean Jacob SELMER (Johannes Jacobus ZELMER né le 10 février 1741 à Hilsprich-décédé à La Petite Pierre en Alsace le 29 janvier 1830), tambour major au régiment de Salis Samade.

"Quand ils sont trop jeunes pour être soldat, ils s'enrôlent dans la musique du régiment. Le premier, Jean Jacques SELMER, de ces trois générations de musiciens militaires Selmer, profitera de ce statut de militaire, pour parfaire son éducation et beaucoup voyager". (1)

Suit Jean Jacques SELMER (né le 7 octobre 1782 à Calais- décède à Paris X, le 25 juillet 1856), Militaire au 2° régiment royal du génie, Chef de Musique au 2° régiment du Corps Royal ; son fils Charles Frédéric SELMER, né le 6 mars 1819 à Arras (Picardie) se marie le 27 août 1845 à Nîmes avec Anne Rambert (1825-décède le 4 mars 1909 à Paris, rue Dancourt chez son fils)

Charles Frédéric, sera musicien militaire, clarinettiste, Chef de Musique au 21° de ligne et au 9° de ligne. Il sera fait chevalier de la légion d'honneur et terminera ses jours à Laon, où il sera également chef de Musique de la ville. Il décède le 17 février 1878 à Laon.

Ils ont eu 16 enfants, dont 5 sont arrivés à l'âge adulte :

Lucie SELMER (1846-1923) épousa Emile NEERMAN, chef de musique fils du célèbre professeur de musique et compositeur dunkerquois Charles NEERMAN.

Alexandre SELMER (1864-1964) qui fera une brillante carrière de clarinettiste aux États Unis et qui ouvrira avec son frère un magasin à New York (origine de Selmer-U.S.A).

Joséphine Marie SELMER (1862-1926).

Henri SELMER (1858-1941), clarinettiste créateur de la Maison SELMER.

La suite est superbement raconté sur le site :

http://www.selmer.fr/


Bravo à Lionel QUINOT pour la généalogie Zelmer-Selmer : http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=gengiskhan&lang=fr;pz=quentin+abel+matis;nz=quinot;ocz=0;p=charles+frederic;n=selmer

Merci à notre ami Jacques DIDIER, pour la transmission des documents Selmer. (1)



mardi 20 octobre 2009

Marius DIDIER (1873-1958), luthier à Mattaincourt : fondateur de la "saga" DIDIER.

En faisant des recherches, pour réaliser notre dictionnaire des facteurs et marchands de musique de l'est de la France, nous avons constaté, que nombreuses étaient les Maisons qui avaient une histoire, parfois de plusieurs centaines d'années et qui étaient encore en activité.
Donc nous avons commencé nos visites, pour rencontrer les descendants des familles ou leurs successeurs pour qu'ils nous racontent cette histoire. A travers quelques expériences, l' accueil a toujours été très favorable et plein de surprises, comme pour cette célèbre maison de Nancy, dont le directeur nous a avoué, avoir " il y a plusieurs années vidé la cave de l'établissement de tas de papiers anciens....".

Notre rencontre avec Jacques DIDIER est complètement différente et tout à fait fortuite. Elle mérite d'être racontée. Jacques, ayant pris une retraite bien méritée se passionne pour la première bataille de la guerre 1914 - 1918 : Morhange, il en est le spécialiste et a déjà publié 3 ouvrages et a écrit une dizaine d'articles sur le sujet. Pour ma part je passe mes vacances en Lorraine dans la maison de famille à coté de Morhange et là par hasard, j'ai retrouvé les mémoires d'un médecin militaire qui avait participé à cette bataille sanglante de trois jours. Comme j'avais lu tous les ouvrages sur ce sujet, j'ai essayé de prendre contact, avec le spécialiste de cette bataille, sans penser un instant aux luthiers de Metz....et puis le hasard a fait le reste.

Donc merci à toutes ces personnes qui nous aident a écrire ce dictionnaire. Place à l'histoire de la lutherie messine.

Marius DIDIER est né à Mattaincourt le 20 avril 1873. Il entre en apprentissage chez Jérôme Thibouville Lamy à Mirecourt à 13 ans. En 1901 il épouse Marie Marthe Bourguignon ; ils auront deux enfants : Madeleine et Paul.

(Document Jacques DIDIER)

Après avoir participé à la grande guerre de 1914 à 1918, il rejoint l'entreprise Thibouville où il participe à la réorganisation d'après guerre et exerce sa profession de maître luthier, au coté de Camille Poirson et Marcel Voiry. Alfred Acoulon, directeur général lui confie le poste de responsable de l'atelier de lutherie de Mirecourt et fait de lui un de ses proches collaborateurs.

(Document Jacques DIDIER)

En 1925, à l'âge de 52 ans, il décide de s'installer dans son atelier de Mattaincourt pour exercer la lutherie à son compte en compagnie de son fils Paul.

(Document Jacques DIDIER)

Il accueille dans son atelier des stagiaires qui deviendront des luthiers prestigieux (Jean Bauer, Marcel Simon etc...).

Son fils Paul décide de s'installer à Metz. L'atelier de Marius DIDIER continue son activité, malgré la crise des années 30 et la guerre 39-45. A la libération âgé de 72 ans, il continue d'assurer une production qu'il réserve à son fils. Il décède en novembre 1958.

samedi 17 octobre 2009

Paul DIDIER (1908-2002) luthier, de Mirecourt à Metz. (suite 1)

Nous continuons la saga de la famille DIDIER de Metz, luthiers et marchands de musique de père en fils. (Merci à Jacques DIDIER pour ses écrits et ses documents).

(Document Jacques Didier)

Paul DIDIER est né le 15 janvier 1908 à Mattaincourt (Vosges). Il effectue son apprentissage à partir de 1921 chez Thibouville, auprès de son père qui était à cette époque responsable de la fabrication. En 1925 il fait un stage chez Ouchard, et ensuite travaille dans l'atelier de son père à Mattaincourt jusqu'en 1928 date à partir de laquelle il effectue son service militaire jusqu'en 1929. Il retrouve ensuite l'atelier de son père.

Il se marie en 1933 et décide en 1936 et en accord avec son père de reprendre l'atelier et le magasin : "Lutherie d' Art" du 6 rue du Faisan à Metz, créé par Auguste Mouchot, qui venait de décéder en se noyant accidentellement dans la Moselle ; la famille était désemparée, la veuve avait un fils d'un an et ne pouvait s'occuper de ce commerce.

A la déclaration de guerre Paul Didier est mobilisé et son épouse qui vient de donner naissance à un fils ne peut tenir seul le magasin qui est alors fermé. Paul est fait prisonnier le 17 juin 1940 à Pontarlier. Il ne rentrera à Metz qu'en août 1945.

(Document Jacques Didier)

En 1941, Metz est occupé par les allemands qui font venir un luthier autrichien, Franz Nosek et auquel le commissaire de la ville propose d'occuper le magasin de la rue du Faisan. Après 3 années à Metz, celui-ci disparaît en 1944, il est remplacé par Zophel Richard né à Markneukirchen.

(Document Jacques Didier)

En août 1945 à son retour de captivité, Paul Didier retrouve son magasin et l'appartement dans un triste état, tout a disparu, seul une partie de l'outillage lui dera rendu. Il se remet au travail, notamment en travaillant pour l'orchestre de Radio Luxembourg et en cogérant l'atelier de son oncle Maurice Bourguignon (1885-1978) à Bruxelles.

(Document Jacques Didier)

Mais la lutherie ne suffit plus à faire vivre une famille, c'est pourquoi il étend son activité aux disques et oriente la formation de son fils Jacques vers les cuivres et instruments à vent. Celui-ci le rejoindra en 1962.

Paul DIDIER est décédé à 94 ans en 2002.


Jacques DIDIER et Bertrand DIDIER luthier à Metz. (suite 2)

Jacques DIDIER est né à Metz en 1939. Il apprend la clarinette au conservatoire de Metz et après plusieurs années de formation dans différents ateliers parisiens, notamment 2 ans chez Selmer, il rejoint en 1962 le magasin familial en créant un atelier de réparations d'instruments à vent.


Jacques DIDIER avec son fils Bertrand.

En juillet 1983, la Maison DIDIER quitte la rue du Faisan, pour s'installer 25-27 rue du Palais à Metz, adresse actuelle.

Bertrand DIDIER, dirige la société messine. Après avoir acquis son diplôme de luthier dans l'atelier de Jean Jacques Pagès à Mirecourt, il part se perfectionner dans l'atelier du maître Etienne Vatelot.













C'est à lui de continuer maintenant, la tradition familiale.

http://www.lutherie-didier.fr/



Si vous voulez en savoir plus sur les luthiers de Mirecourt du XXiéme siécle, Jacques DIDIER à écrit un livre passionnant sur ce sujet.
Disponible actuellement

Je tiens également à le remercier pour sa compétence sur les luthiers et marchands lorrains et la gentillesse avec laquelle il nous aide sur le développement de notre dictionnaire. Merci également pour les documents qu'il nous a transmis.

lundi 5 octobre 2009

Musikmuseet de Stockholm en Suéde.

Connaissez vous Stockholm et son très beau musée de la musique : Musickmuseet ?

Si comme moi vous n'avez pas le temps, l'envie.....ou les moyens (Merci monsieur le Maire pour vos impôts locaux) de faire ce voyage vers la Suède, je vous conseille le site du musée :

http://www.musikmuseet.se/samlingar/inst.php?l=en&niv=3&saml_open=1&typ=1

Vous y verrez beaucoup de très beaux instruments, avec de jolies photos assez précises, Par exemple ce basson de Keller.

Cette flûte de Grenser.

Ou ce hautbois de Amlingue, avec ses bidouillages.

Et les marques sont particulièrement bien prises en photo...à l'exception de celle de Keller.
Je cherche actuellement les instruments de Keller à Strasbourg, car je voudrais faire un article sur cette famille de facteurs pour le Larigot : alors si vous avez des instruments, des photos, des infos....n'hésitez pas à me contacter.
Pour " les fanatiques de la secte des claribols"....vous avez sur le site suédois de super photos d'instruments.....dont une collection de clarinettes d'un facteur danois : Larshof de Copenhague.

vendredi 2 octobre 2009

Un peu de musique....dans ce monde de brutes..on n'est pas que des bêtes.

Non, non, vous ne vous êtes pas trompé.

Cela n'a rien à voir avec les facteurs de l'est ou d'ailleurs, mais c'est beau.

La seule rencontre officielle entre Stan Getz, et John Coltrane....qui jouent du Monk avec un Peterson qui swing comme une bête, cela vaut le détour.

Alors, dégustez.



samedi 26 septembre 2009

Mennesson à Reims (suite)

Le magasin de Jean Mennesson en 1918. (cliquez sur la photo pour l'agrandir)





vendredi 25 septembre 2009

Emile Mennesson (1842-1920) facteur, luthier et marchand à Reims.

Les instruments à vent marqués Mennesson à Reims ne sont pas rare ; alors facteur ? marchand ?

Emile Mennesson est né à Ay (Marne) le 15 mai 1842. Il était le troisième d'une famille de 9 enfants ; ses parents étaient Jules Mennesson (1812-1874) dit " Papa Jules" et Marie Anne Dupont (1817-1894) dite " Maman Jules ". Il débute comme marchand de musique et facteur de pianos dans le commerce familiale.

Il s'intéresse à la lutherie dans les années 1865 et commence sont apprentissage à Mirecourt. En 1870 il ouvre à Mirecourt un atelier de fabrication à l'enseigne " Sainte Cécile" tout en continuant son commerce à Reims. Il demande à Jean Joseph Martin ( 1837-1910) de diriger cet atelier. Celui ci réunit autour de lui une équipe composée de ses beaux frères, Auguste et Nicolas Mougenot et de Gabriel Voirin et Georges Deroux, (1822-1889), tous luthiers et archetiers reconnus. (source : William Bradbrige, luthier à Reims)


Emile Mennesson épouse vers 1865, Lucie Narey et ils ont 5 enfants (Augustin, Jean, Jules, Julie, Lucie).
En 1880, il déplace son atelier de Mirecourt à Reims où George Deroux le rejoint. Cette atelier à construit un grand nombre d' instruments qu'il vendait à un prix modéré : violon 110 francs, alto 140, violoncelle 300 qu'il signait de son pseudonyme Joseph Guarini à Sainte Cécile.

(marque Mennesson relevée sur un saxhorn alto, ebay 2008)

Il s'approvisionnait en instruments à vent notamment chez Thibouville. (source Camboulive)

Guarini Mennesson de 1878 n° 1460. (vente de Vichy du 7 décembre 2006)

" Le luthier Emile Mennesson, des Tapissiers, prône à tous les échos l'excellence de son Guarini à 80 frs, y compris boite, archet, colophane, sourdine et boyaux de rechange, du sol à la chanterelle, en passant par le ré et le la. On y joindra, si nécessaire, avec un léger supplément, un diapason d'acier, une pince et un chevalet, voire une mentonnière. "


Il est l'inventeur du Molliphone Mennesson. "Avantages du Molliphone : il assourdit le piano à volonté et à un tel point que ni des pièces contiguës, ni des appartements situés au dessous, on n'entend les études musicales. Il est utile à la conservation du piano, il lui assure un service plus long. Il aide au perfectionnement du doigté, il favorise l'accompagnement d'une suave sonorité.

Pianos de tous les facteurs avec ou sans Molliphone ".

En 1913 et 1914 on note dans les annuaires de la ville : Eugéne Fortin successeur de E. Mennesson, 10 rue Carnot à Reims.

Durant la grande guerre, l'atelier et le magasin sont détruit. En 1919 son fils Jean Mennesson s'installe dans un bâtiment de fortune, juste en face du conservatoire de Reims. (voir photo rajoutée)

Emile Mennesson est décédé le 2 mars 1920 à Toulon.

En 1939, sont mentionnés dans l'annuaire de Reims : J. Mennesson, Editeur, Acc., Lutherie, 15 rue de l’Arbalète à Reims. (55)

R. Mennesson, Réparation, Instruments, Pianos, 16 rue Edouard Branly à Reims. (55)



vendredi 18 septembre 2009

Jacques Lafleur (1757-1833) un luthier nancéien établit à Paris.

Jacques Lafleur est
né le 28 mars 1757 à Nancy et baptisé à la Paroisse Saint Sébastien. Son père Sébastien Gabriel Fleur (La Fleur) était tailleur d’habits à Nancy et sa mère était Marie Maret.
Remarquable archetier et surtout connu à ce titre, Lafleur a néanmoins construit des instruments du quatuor.







Archet de Violon de Jacques Lafleur. (Collection JW Music)







Archet de Violon de Jacques Lafleur. . (Musée de La villette Paris E. 623)

Il fit son apprentissage à Mirecourt et s’établit à Paris. Il habita d’abord en 1783, rue de la Coutellerie, en 1785, rue de la Verrerie et en 1788 rue de la Juiverie. Il eut un fils Joseph René Lafleur (° 9 juin 1812 à Paris - + 18 février 1874 à Maisons Laffitte) qui continua l’activité d’archetier.
Jacques Lafleur est décédé à 73 ans, en 1833 du choléra. (17)(142)

· Contrebasse de Jacques Lafleur. (Musée de La villette Paris E. 979 2 64)


















Sources : (17) Albert Jacquot : La lutherie Lorraine et Française depuis ses origines jusqu’à nos jours.
(142) Les instruments de musique au XVIII ° siécle : France et Grande Bretagne. Catalogue du Victoria et Albert Muséum. Londres 1973.
http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?url=/clientbooklineCIMU/toolkit/p_requests/default-collection-musee.htm


mardi 15 septembre 2009

Les enquêtes de l'inspecteur Flûtiot (suite)

En décembre 2008, "l'inspecteur Flûtiot" recherchait un dénommé Sibout, marchand ou facteur d'instruments de musique, dont le magasin se situait, de 1836 à 1846 : 27 passage du Saumon à Paris. On connaissait une flûte à une clé en argent de ce "facteur" dont le Langwill ne disait pas grand chose.
(voir les archives à décembre 2008).

Notre ami Denis, nous avait donné une piste très sérieuse sur le
"quidam susnommé". " Il pourrait s'agir de Nicolas Sibout, fils de Pierre Charles Sibout, cordonnier à La Couture et de Marie Duport, dont on ne sait rien pour l'instant, mais dont les deux soeurs ont épousées des facteurs de La Couture : Marie Clotilde Sibout (né à La Couture le 9 janvier 1779) qui épouse le 19 avril 1803 Denis Buffet (1783-1838) tourneur à La Couture de 1802 et luthier de 1821 à 1838.

Marie Angélique Sibout née vers 1782 et décédée en 1811, qui épouse en 1808, Pierre Vacquelin (1777-1859) fabricant de clés d'instruments de musique à La Couture".

Merci à Denis.

Mais depuis est apparu un joli flageolet sans clé marqué Sibout à Paris, dont la marque est totalement différente, par rapport à celle de notre flûte.

Voilà l'enquête avance... (à suivre)



lundi 14 septembre 2009

Salut à tous. C'est la rentrée.

Voilà, c'est reparti pour une année. Ce blog marche bien, même si il y a beaucoup de choses à améliorer, notamment le référencement et la traduction en anglais. D'ailleurs si vous avez des "tuyaux".....n'hésitez pas.

Je vais essayer de tenir le rythme d'un sujet par semaine sur chaque blog : * celui des facteurs et marchands de l'est de la France, et l'autres qui concernent des docs mis à votre disposition :

http://rp-archivesmusiquefacteurs.blogspot.com/

Au niveau du dictionnaire des facteurs, marchands de musique de l'est de France, cela avance très bien : pour Dijon c'est pratiquement achevé, Nancy également, pour Metz cela promet également, car j'ai rencontré Jacques DIDIER, petit fils de Marius DIDIER célèbre luthier de Mirecourt (il a été également responsable de l'atelier de lutherie de la célèbre Maison Jérôme Thibouville-Lamy). Jacques DIDIER a dirigé le célèbre magasin messin créé par son père Paul, pendant de nombreuses années, et dirigé actuellement par son fils.

http://www.lutherie-didier.fr/

Jacques très gentillement a accepté de m'aider sur Metz.

Donc l'édition de 2009 est disponible, je vous donnerai les éléments pour recevoir le CD dans un prochain article.

mardi 30 juin 2009

Comparons les flûtes de Bühner et Keller et Keller de Strasbourg

Notre ami DW a analysé sur son Blog consacré aux "claribols", la facture des clarinettes de Keller et Bühner et Keller à Strasbourg.
Allez y faire un tour, c'est passionnant.

Flûte à 1 clé argent et trois corps de rechanges de Keller frères, la clé octogonale est caractéristique des Keller.

Nous avons comparé quatre de nos flûtes :

1 : Une flûte ébène en do, baguée ivoire à 4 clés carrées en argent montées sur blocs de Bühner et Keller(entre 1800 et 1815).

Elle figure dans l'article sur Bühner et Keller.

2 : Une grande flûte en La , en buis baguée ivoire, à une grande clé carée en argent de Bühner et Keller (entre 1800 et 1810).

Elle figure dans notre article sur Bühner et Keller.

3 : Une flûte en Do, ébène baguée ivoire à 7 clés argent, carrées montées sur patins, à 2 corps de rechange, de Bühner et Keller (entre 1810 et 1820).

4 : Une flûte en Do en buis, baguée ivoire à 1 clé argent octogonale montée sur bloc, et 3 corps de rechange des Frères Keller (entre 1791 et 1794).

Voir l'article sur les frères Keller.

Si l'on compare les pattes de ces quatre instruments, remarquons tout d'abord la similitude de fabrication entre les trois flûtes de hner et Keller (1 2 3), particulièrement au niveau des blocs qui ne touchent pas la bague d'ivoire, comme dans le cas de la flûte de Keller. (4)

Particularité rencontrée dans toutes les flûtes fabriquées entre 1790 et 1825 chez ces deux facteurs.

A noter également que les bagues d'ivoire sont toujours plus larges chez Keller.

La courbure violonée des têtes est caractéristique chez Bühner et Keller, plus étroite en dessous de l'embouchure (1 2 3), alors que chez Keller la tête est beaucoup plus droite.

Si l'on compare les clés argent, elles sont voisines avec leur spatule violonée ; mais différent par la forme du violon (plus large pour la partie manipulée par le doigt et plus étroite en haut du "violon" chez Keller et surtout octogonale pour la partie qui bouche le trou. On retrouve celà dans toute les flûte de Keller, quelque soit l'époque.

La partie extrême de l'instrument est aussi caractéristique chez Bühner, avec une bague ivoire et un bouchon arrondie ou plus rectangulaire pour les flûtes en ébène.