mardi 16 décembre 2008

LES FRERES KELLER à Strasbourg : Une énigme en partie résolue.

Strasbourg a été au XVIIIe siécle et au début du XIXe, un centre important de fabrication d'instruments de musique, et particulièrement d'instruments à vent.
La famille KELLER a dominé le XVIIIe, avant de s'associer au début du XIXe aux BÜHNER, autre famille bien connue de Strasbourg.
Quelques rares instruments présentaient des marques énigmatiques : "Veuve Keller", "Les Frères Keller"...
Trois instruments avec la marque "Les Frères Keller" ou "Keller Frères" sont actuellement connus : Une clarinette en si b, à 6 clés du Musée des Arts décoratifs de Strasbourg, une clarinette en si b à 5 clés, d'une collection particulière, (Voir le Larigot N° XIV spécial de mars 2003), et une flûte à 1 clé argent et 3 corps de rechange, de notre collection.Le Langwill signalait ces marques sans apporter d'explication.Grâce aux informations, que Jean Jeltsch nous a aimablement transmises, nous pouvons avancer une hypothèse.
La Famille Keller.
Marque d'une flûte à une clé et trois corps de rechange. (Collection R.P.)
L'atelier a été crée par Johannes Keller, tourneur qui fut admis dans la corporation des charpentiers en 1736. Il était marié à Marie Salomé Schreiber, et ils ont eu au moins 3 fils :
Jean Keller III (+ 6 juillet 1785 à Strasbourg) qui avait épousé Marguerite Salomé Baldner. Ils ont eu 4 enfants connus, dont Marie Madeleine Keller (1768-1834), qui avait épousé Gabriel Sébastien Bühner (1756-1819), personnage central de la Maison Bühner et Keller, Jean Keller IV (1776-1833) facteur d'instruments à vents qui sera associé à G.S Bühner, et ensuite à son fils Jean Bühner (1798-1844).
Isaac Keller (1745-1812) qui fut reçu comme facteur d'instruments dans la corporation des charpentiers en 1785 et qui restera célibataire.
Jean Philippe Keller (1742-1794) facteur d'instruments également.
Marque d'une clarinette en Si b et à cinq clés. (Collection Sallaberry)
Les Frères Keller ?
Jean Philippe Keller achète le 14 avril 1791 par adjudication et pour 6050 livres, la maison du 70 rue du Marché aux Vins à Strasbourg ; son frère Isaac Keller en possède la moitié, car il existait entre eux une société. Donc "Les frères Keller", mais cela reste à confirmer même si la courte période (1791-1794) de cette association et la révolution (baisse d'activité) expliqueraient le faible nombre d'instruments.
A noter que notre flûte est estampillée "Frères Keller" sur la tête (1) et Keller (2) sur toutes ses autres parties. Ces marques sont légèrement différentes sur les deux clarinettes estampillées "Les Frères Keller" (3).
Flûte à 1 clé et 3 corps de rechange des Frères KELLER. (Collection R.P.)
Merci à Jean Jeltsch pour ses précieuses informations.

Et la Veuve Keller ?

Deux instruments portant cette marque sont répertoriés : une flûte à 1 clé du Musée de Cambridge (angelot/Veuve/Keller/A Strasbourg), une flûte à 1 clé et 3 corps de rechange avec la même estampille (ventes Sotheby's du 19 novembre 2002).
Pour le reste mystère.
Si vous avez des infos, des commentaires, des avis....même différents. N'hésitez pas.


jeudi 11 décembre 2008

FERRY- LEROUX -REMY GENIN : Facteurs d'instruments à vent de Mirecourt.

Mirecourt (Vosges) : Capitale de la Lutherie....et de la Musique mécanique.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette jolie ville des Vosges, patrie de tous les grands luthiers et archetiers français (Vuillaume, Bernardel, Collin Mézin, Peccate, Tourte.....), je vous conseille le site du Musée de la Lutherie et de l'Archèterie Françaises et également celui du Musée de la Musique Mécanique.
Que viennent faire ces "facteurs de vent" dans cette citadelle du quatuor ?
En visitant ce beau musée en 2003, j'avais posé cette question à Isabelle Laruelle, attachée de conservation à cette époque, et qui m'avait trés aimablement répondu. C'est cette réponse que je vous propose ce soir, avant d'aborder chacun de ces "entrepreneurs" dans le détail au cours de prochains articles

Sources : Evelyne Bonétat, historienne de Mirecourt et présidente de l'association les Amis du Vieux-Mirecourt-Regain.

" Le principal facteurs d'instruments à vent (de Mirecourt) fut Armand Hyacinthe FERRY né à Mirecourt en 1806 et mort à Paris en 1870. Il vient au monde dans une famille très aisée, son père est avoué, son frère suivra la même voie. On ignore auprès de qui sa formation s'effectue, mais il s'installe vite à son compte, et a un nombre important d'ouvriers vers 1825 (de 15 à 18). Ambitieux, il va créer une entreprise où tous les instruments fabriqués à Mirecourt se rencontrent. Aux instruments à cordes, il innove en ajoutant des vents. Pour ce faire, il fait venir Louis LEROUX de La Couture Boussey (Eure) avec sa famille à une date indéterminée mais qui se situe avant 1840.
Les Leroux resteront à Mirecourt pendant deux générations environ, l'un deux s'alliera même à la famille bien connue du milieu luthier : les Bernardel.
Entre 1840 et 1848, Ferry engage un jeune mécanicien de talent : Georges Félix REMY. Ce dernier vers 1855 commence la fabrication de pianos, pendant que Ferry monte une succursale à Paris et une autre à Londres. FERRY et REMY deviennent associés vers 1860. REMY rachète l'affaire en 1863. A cette époque, il y a 160 ouvriers. FERRY reste très lié commercialement à REMY car il garde une option sur les produits fabriqués qu'il achète à un tarif préférentiel et qu'il écoule sur Paris et sur Londres. C'est ainsi que l'on trouve des instruments à vents signés Ferry, Rémy-Génin (patronyme de la premiére épouse), Rémy-George (patronyme de la deuxième épouse) et Leroux. L' association sera terminée vers 1869 et définitivement close en 1870 par le décès subit de Ferry en 1870.

Cette entreprise stoppa ses activités en 1873 en raison d'une faillite".

Merci à nos amis de Mirecourt.

FERRY, LEROUX, REMY......à suivre.


mercredi 10 décembre 2008

Les enquêtes de l' Inspecteur Flûtiot : cette semaine l' affaire Sibout.

Un avis de recherche a étè lançé ce soir, pour retrouver la trace d'un dénommé : Sibout, facteur et/ou marchand, qui séjournait de 1836 à 1846, 27 passage du Saumon à Paris. Il a été vu pour la derniére fois en 1846 entrant dans la boutique du sieur Holtzapffel (ce doit être le fils parisien) situé au 19 passage du Saumon.

Une forte récompense (l'estime éternelle de l'inspecteur Flûtiot) sera remise, à toute personne qui pourra apporter des renseignements, ou encore mieux des photos de ses instruments (de musique bien sur).

Il a étè aperçu dans l'est de la France, mais aussi du coté de La Couture.








lundi 8 décembre 2008

Jean François LEROY (1782-1853) facteur de clarinettes à Metz.

Jean François LEROY, Flutes and Clarinettes Makers from Metz (1782-1853).
Jean François LEROY est né le 23 mars 1782 à Metz et mort en cette même ville le 14 février 1853.
Chef de musique de la garde nationale française de 1832 à 1841.
Il a exercé la facture et la vente d'instruments à vent de 1819 à sa mort en 1853, toujours à la même adresse : 39 en Fournirue à Metz. Spécialisé dans la facture de clarinettes à 13 et 15 clés, il a aussi fait des flûtes, des flageolets, des bassons.

Marque d'une clarinette en La de Leroy.
 
"1836 : Leroy, 39 en Fournirue à Metz. Fabricant d'instruments à vent, dépôt de la librairie musicale, directeur de la musique de la garde nationale, fabrique particulièrement la nouvelle clarinette à treize et quinze clefs, tient généralement tous les instruments en cuivre et en bois. Magasin bien assorti de musique ancienne et moderne, cordes de Naples, fournit la musique militaire". (63) Voir Bibliographie du dictionnaire.
Clarinette à 13 clés en La de Leroy (Collection R.P)
Il était marié à Marie Louise Gallez qui était née à Metz et qui continuera le commerce de musique, mais aussi de bimbeloterie et de jouets d'enfants, après la mort de son mari jusqu' en 1861. Ils ont eu deux enfants, Catherine Adélaïde Leroy née en 1819 et Charles Leroy né en 1822, qui n'ont pas continué le commerce de musique. Le commerce d'instruments de musique ne devait pas "nourrir son homme" puisque le couple Leroy de 1830 à 1853 avait étendu son domaine: "Leroy, 39 en Fournirue, flûtes, clarinettes, jouets d'enfants, articles de pêche. Médaillé en 1826 et 1828". (67)
Clarinette en Si b à 14 clés de Leroy (Collection R.P.)
Il participe en 1824 à l'exposition nationale de Metz et expose : Une clarinette en si bémol à 13 clefs et en ébène ; une clef brisée sert à donner le la bémol et le la dièse. Mais il présente aussi deux flûtes, "l'une en ivoire, à six clefs et garnie en argent, l'autre en grenadille à 6 clés également, une petite flûte à 6 clés ou octave en ébène, un flageolet d'orchestre en ébène, un basson à 12 clés, dont trois ont étè ajoutées par M. Leroy qui a aussi apporté quelques changement aux autres. Cet instrument, dont le doigté tout particulier exige une habitude que tout le monde ne peut avoir, n'a pu être essayé comme on l'aurait désiré".
La conclusion est à gauche : médaille de bronze de première classe.
En 1828 à l'exposition de Metz, "il expose une clarinette à 18 clefs, garnie d'un nouveau mécanisme qui favorise le doigté dans l'exécution des morceaux en ut mineur, en ré et la majeurs; une flûte en ivoire à six clefs, une flûte en ébène à six clefs ; une petite clarinette ordinaire à 9 clefs; enfin un basson à 12 clefs".



 A l'exposition de Caen en 1828, il présente un bec de clarinette. Il participe à l'exposition de Metz de 1834 et expose "une clarinette et une flûte excellente qualité". En 1843 à l'Exposition de Metz, il obtient une Médaille de premiére classe, car le Jury lui reconnaît, "un mérite d'invention dans les perfectionnements qu'il vient d'introduire dans la clarinette...."
Ci contre : conclusion du jury pour 1843.




AU BOULOT


Que donc, je fais un dictionnaire évolutif des facteurs, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'Est de la France.
L'est ? Parce que c'est mon coin .....Et parce que j'éspère que d'autres se taperont le boulot....sur leur province, ou leur capital. Avis aux Lyonnais, Parigots, Bordelais.....
Evolutif ? Parce que je ne vais pas attendre l'absolue vérité, le nirvana de la certitude....pour passer des infos "méconnues" à ceux qui écrivent les livres.
Alors chaque année (vers janvier) je sort un CD de ma base de travail et dans laquelle, je note tout et je le passe à mes Amis de l'A.C.I.M.V (contre 5 euros-gratuit pour ceux qui me passent des infos-pour les frais d'envoi et de réalisation) qui le souhaitent et que cela intéressent.
Voilà le truc.....
Si cela vous intéresse contactez moi.